Le chemin vers l’accès universel au traitement antirétroviral semble aujourd’hui plus facile à parcourir, l’OMS ayant changé les critères d’éligibilité à cette thérapie, en particulier pour les femmes enceintes positives au VIH. Cependant, le nouveau problème que le monde scientifique se pose est de savoir comment faire pour fidéliser les patients à des programmes de soins qui durent toute la vie. Le soin du VIH/SIDA consiste en effet en un traitement que ne peut jamais être interrompu, et ce, afin de ne pas laisser le virus reprendre le dessus. Cette adhésion au programme de soins est appelée retention in care. Dans un récent rapport, l’OMS définit cette notion comme un paquet complet incluant les services de prévention, le support et le traitement qui lie avec succès le patient aux programmes de soins, depuis le moment du test du VIH, en passant par l’éligibilité au traitement, jusqu’à l’administration à vie de la thérapie antirétrovirale. La notion de rétention est fondamentale pour réduire la mortalité et la morbidité liée au VIH, réduire l’incidence de nouvelles infections chez les adultes et chez les enfants et réduire le développement de résistances à la thérapie. La période qui apparaît particulièrement délicate est celle qui va du diagnostic au début des soins ; c’est le moment où l’on enregistre les plus importantes pertes de patients...
Acronyme de Drug Resource Enhancement against AIDS and Malnutrition, DREAM est un programme de soin du SIDA à approche globale appliqué à l’Afrique.
Mis en route en février 2002 par la Communauté de Sant’Egidio, il est présent aujourd’hui au Mozambique, au Malawi, en Tanzanie, au Kenya, en République de Guinée, en Guinée Bissau, au Nigeria, en Angola, en République démocratique du Congo, au Cameroun...
Je m’appelle Cacilda Massango. Je suis Mozambicaine et j’ai 36 ans. Je suis la mère d’une petite fille de 11 ans. En octobre 2002, j’ai décidé de me soumettre au test pour le VIH à l’hôpital général de Machava. Ce fut pour moi une très grande douleur de connaître les résultats : j’étais positive ! Je perdis espoir et pensai aux pires issues possibles. Ces jours-là furent des jours d’immense souffrance, car les informations que j’avais à l’époque se bornaient au constat que pour chaque personne souffrant du SIDA il n’y avait d’autre issue que la mort. Et ainsi, moi aussi, comme les autres, j’attendais de mourir.

Mais j’ai eu la chance de rencontrer le programme DREAM de la Communauté de Sant’Egidio. Pour moi, ce fut vraiment une bonne nouvelle, qui changea complètement ma vie. Je commençai ainsi le traitement antirétroviral et, après quelques mois déjà, je récupérai, tant et si bien que je ne portais plus les signes de la maladie. Je redevenais la principale actrice ma vie, une vie réelle dans laquelle je pouvais formuler des rêves et des désirs. Au Mozambique, il y a une expression qui dit que l’on redevient « propriétaire de son nez ». J’ai retrouvé ma dignité et ai découvert que j’avais un avenir.
A la fin de 2003, avec d’autres femmes positives, et sous traitement antirétroviral, nous décidions de fonder l’association « Eu DREAM », un réseau de femmes et d’hommes qui aident d’autres patients à bien suivre le traitement.
Je suis fière d’avoir été l’une des premières activistes, à une période de grande lutte, quand la maladie s’accompagnait de discrimination et de stigmatisation, et fière aussi de pouvoir apporter ma contribution, surtout aux mères séropositives et à leurs enfants dans les centres DREAM de Maputo.
Prof.ssa Maria Cristina Marazzi
Comunity of Sant’Egidio - LUMSA University
By the end of the 1990s the AIDS epidemic in Africa was outlined as a real humanitarian catastrophe :an impressive number of infected subjects, a high rate of mortality mainly in the fertile age and an increasing population of little orphans.
In those years big international agencies and most of the non-government organizations have applied, in the fight against AIDS in Africa, only a prevention model ,based on sanitary education campaigns: it has been mainly persisted on the correct use of condoms, as an essential aid and almost always the only one in the fight against AIDS.
The lacking of effectiveness of this exclusively preventive approach has not been only under the experts’ eyes but also under the world’s public opinion.
The current 22mln of infected in Africa are ,unfortunately, a proof.
The failure is due to the lack of education towards the respect for the human being and the absence of an effective therapy which are inseparable from a real prevention.
Indeed, the Hiv/AIDS in developed countries started decreasing in 1996,when an effective therapy was introduced: the Haart-( Highly active anti-retroviral therapy).
Why should it have been different in Africa? Obviously there were not scientific reasons but merely misinterpreted economic ones.
The subject infected hardly undergoes a test, because of the social stigma linked to seropositive , which, with no treatment ,corresponds to an inevitable death sentence.
Besides, following the reductively preventive approach ,among populations where the infection affects one person out of five, other relevant ways of transmission are disregarded :from mother to child ,from poor sanitary practice (iatrogenic) or connected to traditional medicine.
To S.Egidio’s Community, which has a huge number of African members ,the containment of the infection has immediately appeared being not adequate to save the millions of infected Africans’ lives left hopelessly...
Du 11 au 15 Mars 2013, médecins, infirmières, experts en santé publique provenant de différents pays africains se sont réunis à Maputo à l'invitation du programme DREAM, pour discuter de la prévention de la transmission verticale du VIH. En effet, le développement des directives internationales sur cette question, jusqu'à l’agrément sur le choix de donner accès à la trithérapie antirétrovirale à toutes les femmes enceintes séropositives, au moins de la grossesse jusqu'au sevrage de l'enfant, rend beaucoup plus proche la perspective d’annuler la transmission verticale. Nous publiions ici les conclusions de ce travail commun mené pendant le séminaire.
Au cours de la dernière décennie on a observé une grande évolution en matière de la PTME. La connaissance des besoins d'une intervention capable de prévenir la transmission verticale pendant la grossesse et jusqu' à la fin de l'allaitement a augmenté. La meilleure efficacité de la trithérapie dans la diminution de la transmission verticale comparée à la monothérapie a été largement démontrée. Les bénéfices de la trithérapie pendant la grossesse jusqu'à la fin de l'allaitement ont aussi été démontrés. La trithérapie permet de réduire significativement la transmission verticale à un niveau inférieur à 5% entre 18 et 24 mois d'âge. Elle également réduit le taux de la mortalité maternelle et des enfants positifs ou exposés au même niveau que la population non infectée et non exposée en Afrique...