Fin mars, lors du déroulement du stage annuel de formation destiné aux activistes du mouvement DREAM, une journée de formation et de débat a eu lieu, avec la participation des représentants de nombreuses associations qui s’occupent des droits civiques des personnes séropositives, sur le thème : “Together for our rights” (« Ensemble pour nos droits »).
Le débat, modéré par le Country Director de DREAM, Elard Alumando, a été ouvert par le responsable national du mouvement I DREAM, Pacem Munyenymbe, qui en a brièvement retracé les origines remontant à 2007, lorsqu’un groupe de patients, majoritairement des femmes, ont décidé de s’unir pour combattre la stigmatisation et la discrimination, et pour être présents parmi la population afin de mener des campagnes de sensibilisation et de prise de conscience civile.
Les intervenants ont développé le thème des droits humains à partir de différents points de vue.
Vera Chirwa, la première femme avocate d’Afrique australe, a parlé du droit aux soins pour les femmes séropositives. Son témoignage a été particulièrement touchant. Vera a derrière elle une longue histoire de batailles pour la défense des droits civiques, en particulier en faveur des détenus et contre la peine de mort (elle a elle-même passé de nombreuses années dans les couloirs de la mort pendant la présidence de Kamuzu Banda qui l’a persécutée pour des motifs politiques).
Vera est reconnue par les pères fondateurs du Malawi indépendant ; elle a été plusieurs fois candidate pour le prix Nobel de la paix.
Mabvuto Bamusi, coordinateur national du Comité consultatif pour les droits humains, a abordé le thème du droit aux soins pour tous, en particulier pour les personnes affectées par le SIDA, souvent victimes de la discrimination. Son discours, intitulé : « J’ai un rêve », a enthousiasmé l’assemblée, surtout lorsqu’il a affirmé que tout le monde a droit à la thérapie et qu’il faut travailler unis et avec courage, pour que les médicaments antirétroviraux et une assistance de bon niveau puissent atteindre aussi les zones rurales les plus reculées.
La dernière intervention a été celle d’Esimie Tembeneu, premier magistrat de la Cour de justice des mineurs, fonction qu’il assume depuis l’institution de cette juridiction en 2005. Esimie Tembeneu a présenté une intervention approfondie sur ce que sont les droits des enfants, en centrant son discours sur les articles de loi relatifs à l’enfance, qui sont souvent ignorés ou niés.
Les participants, dont une centaine d’activistes DREAM, provenant de tout le pays pour le stage de formation annuel, ont eu la possibilité de mieux comprendre le sens de leur travail et comment celui-ci peut être soutenu tant par les lois de l’Etat que par la diffusion de la conscience des droits universels de l’homme.
La rencontre a également été l’occasion de présenter publiquement les activités du mouvement I DREAM et d’établir des contacts avec les nombreuses associations et les délégués intervenus lors de cet événement : MANERELA (The Malawi Network of Religious Leaders Living with or Personally Affected by HIV and AIDS) ; NAPHAM (The National Association for People Living with HIV and AIDS) ; NANES (National AIDS Network Services) ; la déléguée du Social Welfare Office du gouvernement, qui coordonne les activités des organisations des communautés de base, des responsables locaux des CBO (Community Based Organization) ; les délégués des autorités traditionnelles, les responsables des offices pour la protection de l’enfance ; les représentants de la Fondation Bill Clinton et bien d’autres encore.
Les activistes de DREAM ont présenté leurs activités en soulignant que, dans l’esprit de la Communauté de Sant’Egidio, ils offrent gratuitement de l’aide aux plus faibles et aux pauvres, conscients du bien qu’ils ont eux-mêmes reçu.
Le mouvement I DREAM se compose aujourd’hui de plus de mille personnes issues de différentes confessions et traditions, qui travaillent ensemble et qui s’aiment comme dans une famille.
L’événement a été enregistré par la MBC, Malawi Broadcasting Corporation, la principale chaîne de radio nationale, et les journalistes de plusieurs quotidiens étaient présents.
Les frontières du mouvement I DREAM s’élargissent, à mesure que se développe la prise de conscience des droits. Avec de nouveaux compagnons de route, le rêve grandit de changer la société du Malawi et de rendre accessibles au plus grand nombre de malades les traitements pour le SIDA.
