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Category Page: Corsi di formazione

Malawi – Un pas de plus sur le chemin de l’accès universel aux soins pour le VIH/SIDA

​Le chemin vers l’accès universel au traitement antirétroviral semble aujourd’hui plus facile à parcourir, l’OMS ayant changé les critères d’éligibilité à cette thérapie, en particulier pour les femmes enceintes positives au VIH. Cependant, le nouveau problème que le monde scientifique se pose est de savoir comment faire pour fidéliser les patients à des programmes de soins qui durent toute la vie. Le soin du VIH/SIDA consiste en effet en un traitement que ne peut jamais être interrompu, et ce, afin de ne pas laisser le virus reprendre le dessus. Cette adhésion au programme de soins est appelée retention in care. Dans un récent rapport, l’OMS définit cette notion comme un paquet complet incluant les services de prévention, le support et le traitement qui lie avec succès le patient aux programmes de soins, depuis le moment du test du VIH, en passant par l’éligibilité au traitement, jusqu’à l’administration à vie de la thérapie antirétrovirale. La notion de rétention est fondamentale pour réduire la mortalité et la morbidité liée au VIH, réduire l’incidence de nouvelles infections chez les adultes et chez les enfants et réduire le développement de résistances à la thérapie. La période qui apparaît particulièrement délicate est celle qui va du diagnostic au début des soins ; c’est le moment où l’on enregistre les plus importantes pertes de patients.

Dans les pays à ressources limitées, les facteurs qui ont une incidence sur la rétention sont divers : l’état de santé du patient, la pauvreté, la distance du centre de santé, le coût des transports, la connaissance de sa propre maladie et de possibles effets indésirables provoqués par la prise de la thérapie, le rapport médecin-patient, les temps d’attente au centre de soins, la malnutrition, la stigmatisation et la discrimination.

A partir de la « Maputo Iniciative », accord signé par le programme DREAM et les ministères africains qui ont participé au séminaire qui s’est tenu à Maputo en mars 2013, des éléments susceptibles de favoriser la rétention dans ces pays se sont fait jour : la gratuité des services, un circuit sécurisé de fourniture de médicaments antirétroviraux, la décentralisation et l’intégration des services, le diagnostic précoce prénatal et l’évaluation de l’état nutritionnel avec le soutien alimentaire.

Or, parmi ces éléments, celui qui apparaît particulièrement décisif est le soutien communautaire pour une adhésion continue aux programmes de soins, en particulier à ceux de l’EMTCT (Elimination Mother To Child Transmission). Les personnels de santé communautaires formés à cet effet constituent un puissant instrument pour augmenter les taux de rétention et d’adhésion. Lors du side-event organisé à Genève à l’occasion de la 66e assemblée mondiale de la santé, DREAM a pu montrer comment ce programme d’intervention a conduit à une réussite qui ne se fonde pas seulement sur l’administration de thérapies, mais surtout sur la construction d’une assistance complète. Cette démarche exige une forte approche communautaire et la présence d’un capital social de très haute qualité. Il faut en effet créer autour du patient un réseau fait non seulement de services, mais aussi et surtout de personnes. Cela semble être la clé pour favoriser la rétention à toutes les étapes délicates, à commencer par l’engagement du patient dans le programme de soins.

Dans le programme DREAM les community health workers, les personnels de communauté, ont en effet très vite joué un rôle fondamental. Ce sont des patients qui, après avoir commencé le traitement et senti aussitôt le bénéfice apporté par la thérapie, ont décidé de devenir des témoins du programme. En effet, grâce à leur expérience personnelle et à la formation qu’ils ont reçue, ils sont les meilleurs témoins de l’efficacité des soins, capables d’encourager ceux qui hésitent, de soutenir les malades, d’enseigner les bonnes pratiques pour la prévention des infections, l’importance de l’hygiène et les règles d’une alimentation correcte, en particulier pour les enfants.

Ces témoins se sont donc révélés au fil du temps comme l’un des éléments-clés pour le succès du traitement, permettant d’obtenir une bonne rétention grâce aux cours d’éducation à la santé et à la nutrition qu’ils dispensent au centre de santé, grâce aussi à l’assistance à domicile qui permet une assistance complète et continue auprès des patients les plus gravement malades, grâce enfin à la promotion de rencontres publiques à des niveaux divers. L’éducation à la santé, les règles d’hygiène qu’ils diffusent de façon capillaire parmi la population dans les villages et dans les zones périphériques de la ville, souvent parmi les plus pauvres, ont un grand impact. Cette incidence se traduit par la réduction des indices de mortalité causée en Afrique par des pathologies corrélées au SIDA, mais aussi par la malnutrition, les malarias et autres maladies liées à l’absence d’hygiène et à l’ignorance.

Le travail de ces témoins est en outre renforcé par leur formation et par la mise à jour continue de leurs connaissances à travers des cycles de formation dans lesquels le programme DREAM a décidé d’investir dès les premières années.

A sa création, DREAM a organisé vingt-quatre cycles de formation dans les pays où le programme est présent, formant plus de 5 000 professionnels africains.

Le programme DREAM et Project Malawi ont décidé ces dernières années de concentrer leurs efforts de formation en promouvant de nombreux stages pour Community Health Workers. Dans ce petit pays, après que DREAM a ouvert le chemin pour l’accès universel à la thérapie antirétrovirale, le défi à relever aujourd’hui est celui de l’adhésion aux soins et du maintien à vie des patients en traitement.

Les Community Health Workers peuvent faire la différence : dans les centres DREAM, où ils sont présents, le nombre de patients dont on a perdu le suivi est dérisoire. Leur intervention constitue un pont entre l’excellence des centres et les patients dispersés dans les zones suburbaines et rurales d’Afrique. De nombreuses institutions dans le pays pris conscience de l’importance de ces nouveaux acteurs professionnels pour le bon déroulement des programmes qui combattent le VIH, c’est pourquoi certaines associations de patients ont demandé de pouvoir participer aux stages et, ces derniers mois, de nombreux membres d’associations de personnes infectées par le VIH (parmi lesquelles : MANERELA, Malawi Network of Religious Leaders Living with or Affected by HIV and AIDS ; COWLHA, Coalition of Women Living with HIV and AIDS, NAPHAM, National Association for People Living with HIV and AIDS) y ont pris part.

​Les stages ont été organisés à Lilongwe et à Blantyre, et un stage est en préparation dans le district de Balaka. Dispensés par l’équipe locale de DREAM, qui, avec les années, est devenue experte sur les thèmes traités, les cours sont donnés dans la langue nationale et sont donc facilement accessibles à tous.

Une grande implication et le sérieux des participants ont depuis toujours caractérisé ces stages. Les questions qui émergent sont nombreuses. Parfois les élèves travaillent même le soir et pendant les moments de pause, en en profitant pour revoir un cours, approfondir les thèmes les plus difficiles, transformer en représentations théâtrales ce qu’ils ont appris de manière à pouvoir le communiquer avec aisance dans leurs villages de provenance.

Se rencontrer, se confronter, apprendre de nouvelles choses encourage chacun et ouvre de nouvelles voies à la lutte contre le SIDA et contre la stigmatisation, dès lors que l’on est soutenu chaque fois par de nouveaux et précieux alliés.

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L’initiative de Maputo pour éliminer la transmission de l’infection VIH de la mère à l’enfant: la nécessité d’un modèle.

Du 11 au 15 Mars 2013,  médecins, infirmières, experts en santé publique provenant de différents pays africains se sont réunis à Maputo à l'invitation du programme DREAM, pour discuter de la prévention de la transmission verticale du VIH. En effet, le développement des directives internationales sur cette question, jusqu'à  l’agrément sur le choix de donner accès à la trithérapie antirétrovirale à  toutes les femmes enceintes séropositives,  au moins de la grossesse jusqu'au sevrage de l'enfant, rend beaucoup plus proche la perspective d’annuler la transmission verticale.  Nous  publiions ici les conclusions de ce  travail commun mené pendant le séminaire.

  1. Au  cours  de la dernière décennie on a observé une grande évolution en matière de la PTME.   La connaissance des besoins d'une intervention capable de prévenir la transmission verticale pendant la grossesse et jusqu' à la fin de l'allaitement a augmenté. La meilleure efficacité de la trithérapie dans la diminution de la transmission verticale comparée  à la monothérapie a été largement démontrée. Les bénéfices de la trithérapie pendant la grossesse jusqu'à la fin de l'allaitement ont  aussi été démontrés. La trithérapie permet de réduire significativement la transmission verticale à un niveau inférieur à 5% entre 18 et 24 mois d'âge. Elle également réduit le taux de la mortalité maternelle et des enfants positifs ou exposés au même niveau que la population non infectée et non exposée en Afrique.
    L'option B et l'option B+ sont les solutions les plus effectives pour la PTME dans les pays en voie de développement où la césarienne et l'utilisation du lait artificiel ne sont pas réalisables  au niveau de la population générale. L’option B + a certains avantages en termes d'organisation et de protection de la santé des femmes par rapport à l'option B ainsi que de prévention des partenaires.
  2. L'un des points les plus essentiels du programme PTME dans les pays en voie de développement est la rétention des malades dans les soins et l’observance au protocole de soins. En moyenne, moins de 50% des femmes enrôlées dans la PTME suivent entièrement le protocole. Ce n'est pas seulement une question du choix des régimes thérapeutiques ou de protocole, mais cela implique aussi le modèle de soins. La rétention est une question de prise de conscience par le patient de l'importance d'être adhérent.
  3. Pour augmenter la rétention et l’adhérence dans le cadre des politiques des différents pays et de l'organisation de la santé ainsi que les lignes directrices internationales, il faut réactualiser  le modèle de soins du VIH et de la PTME. Les éléments à inclure dans ce modèle sont :
    1. Tous les services doivent être gratuits
    2. Une chaîne d'approvisionnement sécurisée pour les kits de tests rapides et les ARV doit être mis en place
    3. La stratégie de l'opt-out pour le conseil et le dépistage du VIH doit être mis en place afin de maximiser l'efficacité de la stratégie de dépistage
    4. Une approche holistique globale doit guider l’offre des services ETM
    5. Il faut une pleine intégration de la PTME et des services TARV avec les services SMNI et CPN, afin d’offrir les services complets selon les directives internationales pour une maternité sécurisée et également le suivi des femmes/mères après l’accouchement et l’allaitement.
    6. Une stratégie pour permettre l'accès facile de la mère à l’ETM (la délégation des tâches, une clinique mobile, etc …) doit être mis en œuvre
    7. La mise en place des groupes de soutien communautaire pour l’adhésion au programme ETM. Cela est crucial pour aider les femmes à accepter leur séropositivité et pleinement adhérer au protocole PTME et les soutenir du moment de la diagnostic au sevrage de l’enfant. Cela facilite aussi la participation des partenaires dans les soins. Les agents de santé communautaires formés à cet objectif pourraient être un outil puissant pour augmenter à la fois le taux de la rétention et de l’adhésion.    
    8. Le diagnostic précoce de l'enfant est un pilier qui soutient et encourage les mamans en leur donnant la possibilité de savoir si leur bébé est infecté ou non. Dans ce cas il faut mettre immédiatement l'enfant VIH positif sous traitement. Le diagnostic précoce de l'enfant par la goutte sanguine coagulée (DBS) doit inclure un temps bref pour un résultat fiable.
    9. L'évaluation nutritionnelle et l'assistance de la maman et de l'enfant sont pertinentes et importantes dans ce contexte.
    10. La supervision, le suivi et l’évaluation : des schémas de supervision régulières sont cruciales afin d’évaluer l’impact et la qualité du programme. L'informatisation est un instrument utile pour améliorer la rétention des patients sous traitement et de  retrouver les perdus de vue (si un consentement éclairé a priori avait été obtenu du patient).

En conclusion nous soutenons le développement d'un modèle global de la PTME en milieu Africain urbain, semi-rural et rural dans le but d'atteindre zéro nouvelles infections dans nos pays le plus tôt que possible.

 

Signatories

 

Prof. Maria Cristina Marazzi

DREAM Program General Director

 

Esther Kuni Bonje MSc,

HIV Free NW, Project Manager Cameroon Baptist Convention Health Services – CAMEROON

 

Dr. Evelyne Ehua Amangoua,

Directrice de la Prévention du SIDA – Ministère de la Santé et de la lutte contre le SIDA – COTE D’IVOIRE

 

Prof Leonardo Palombi,

DREAM program Scientific Director,

Full Professor of Hygiene, Director of Biomedicine and Prevention Dept, University of Tor Vergata

ITALY

 

Dr Paola Germano,

DREAM Program General Coordinator

ITALY

 

Dr Gianni Guidotti

DREAM program General Secretary

ITALY

 

Prof Sandro Mancinelli

Associate Professor of Hygiene

Dept. of Biomedicine and Prevention, University of Tor Vergata, Rome

ITALY

 

Prof Pasquale Narciso

Infectious Disease Specialist

INMI Lazzaro Spallanzani, Rome

ITALY

 

Dr Andrea De Luca, MD,

Associate Professor of Infectious Diseases, Director, University Division of Infectious Diseases, Siena University Hospital, Siena

ITALY

 

Dr Giuseppe Liotta, MD, PhD

DREAM program Clinical Director,

Senior Researcher, Dept of Biomedicine and Prevention, University of Tor Vergata, Rome

ITALY

 

Mr Elard Alumando

DREAM program Country Director

MALAWI

 

Dr Ines Zimba

DREAM Country Director

MOZAMBIQUE

 

Dr Noorjeahn Abdul Magid

DREAM program Clinical Director

Mozambique

 

Dr. Bernard Ngoy Belly Bossiky,

Secrétaire Exécutif National adjoint, Focal point ETME, Programme National Multisectoriel de Lutte contre le Sida

RDC

 

Mrs Precious Audia Robinson, Deputy Director:PMTCT National Dept. of Health

SOUTH AFRICA

 

Dr Eula Mothibi, Head: Health Services Cluster MBCHB; FCP (SA); Dip HIV Man – Khethimpilo

South Africa

 

Karin Nielsen, MD, MPH, Clinical Professor of Pediatrics, Director, Center for Brazilian Studies at UCLA Division of Infectious Diseases, David Geffen UCLA School of Medicine, Los Angeles

USA

 

Dr Kebby Musokotwane, Communicable Diseases Control Specialist, Provincial Medical Office,Livingstone

ZAMBIA

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Vers une génération délivrée du SIDA. Le défi de la Communauté de Sant’Egidio pour sauver les enfants et leurs mères

Un modèle africain de soin pour les femmes enceintes positives au VIH : le nouveau défi consiste à faire naître des enfants sains et sauver la vie des mères, en atteignant, en Afrique aussi, l’objectif de zéro nouvelle infection.
Des représentants de treize pays africains ont réfléchi sur ces thèmes. Du 11 au 14 mars derniers, en effet, s’est tenu à Maputo le premier séminaire international sur le thème : Towards an AIDS-free generation.
Organisé par le programme DREAM de la Communauté de Sant’Egidio en collaboration avec le ministère de la santé du Mozambique, le séminaire a vu la participation d’experts du secteur des différents ministères de la santé africains, ainsi que de représentants de la communauté scientifique internationale provenant d’Europe et des Etats-Unis.

Cette initiative naît de la possibilité d’étendre la thérapie pour la prévention materno-infantile à toutes les femmes enceintes positives au VIH, pour toute la vie. En avril 2012, en effet, l’OMS a publié une mise à jour qui ajoute une troisième option aux lignes directrices existantes pour la prévention de la transmission du virus pendant la grossesse chez des femmes qui ne remplissent pas les critères pour commencer la thérapie : l’option B+, administration de la trithérapie à vie à toutes les femmes enceintes positives au VIH.

Cette option présenterait de nombreux avantages : simplifier les programmes de prévention materno-infantile ; étendre la protection de la thérapie à de futures grossesses ; prévenir la transmission sexuelle à des couples discordants ; apporter des bénéfices à la santé des mères en évitant le risque lié à de continuelles interruptions et reprises de la thérapie, en particulier dans des régions qui présentent un taux de fertilité élevé.

Tout cela est-il possible aussi en Afrique ? En 11 ans d’existence, DREAM a démontré que oui. Le programme a apporté l’excellence en Afrique : l’excellence du diagnostic avec les laboratoires de biologie moléculaire et l’excellence du traitement avec la trithérapie. Le modèle DREAM a été présenté ces derniers jours, avec les résultats obtenus non seulement en termes du nombre d’enfants nés sains dans le cadre du programme de prévention verticale (plus de 22 000), mais aussi d’adhésion et de fidélisation à un programme de soin qui dure toute la vie. L’accent a été mis sur l’approche globale du programme, plaçant le patient au centre et offrant à la femme enceinte, qui découvre sa maladie à un moment aussi délicat de sa vie, non seulement la thérapie, mais aussi le soutien social et psychologique.

Comme cela a été dit à l’ouverture des travaux, « le succès du programme DREAM est lié à la capacité de démontrer qu’en Afrique aussi, même dans les milieux les plus pauvres et les plus ruraux, dans les zones périphériques et les zones les plus inaccessibles, il est possible de poser un diagnostic et de proposer un traitement de qualité ». Dulce, femme mozambicaine positive au VIH, a témoigné, avec ses mots, de ce que signifie donner naissance à un enfant sain quand tout le monde autour d’elle répète qu’elle ne peut qu’attendre la mort : « Quand on m’a dit que mon enfant était séronégatif, j’ai éclaté en sanglots. La prévention verticale avait fonctionné et mon enfant était sain ! ». De là, elle a pris la décision de consacrer sa vie à l’aide des autres, en travaillant comme activiste au sein du programme DREAM à Maputo.

Aujourd’hui, on veut transmettre cette excellence à d’autres pays africains.
La supériorité de la trithérapie antirétrovirale par rapport à la monothérapie est désormais reconnue par le monde scientifique international. Les options B/B+ sont les plus efficaces pour réduire le taux de transmission du virus de la mère à l’enfant, durant la grossesse et l’allaitement, mais aussi pour réduire la mortalité maternelle et infantile, permettant d’atteindre les mêmes niveaux que ceux de la population non infectée.

Les représentants des différents pays africains ont apporté leur contribution à un dialogue qui a été très constructif, reconnaissant la nécessité d’inclure dans ce modèle des principes fixés et non négociables : la gratuité des soins, l’approche globale du patient, l’intégration de services de prévention de la transmission materno-infantile du VIH au sein des services de soin prénatal, l’éducation par les pairs (peer to peer education) pour aider les femmes à accepter leur nouveau statut de femmes séropositives en favorisant l’adhésion au protocole, les diagnostics précoces du VIH chez les nouveau-nés à travers des tests de laboratoire, le support nutritionnel pour les mères et les enfants, la garantie de la disponibilité permanente des médicaments.

Tous les participants sont sortis de ces journées confortés et encouragés dans le travail de lutte contre le SIDA, apportant dans leurs pays respectifs la proposition d’un rêve qui peut se réaliser : ensemble il est possible de faire naître une génération délivrée du VIH, en sauvant les enfants et leurs mères.

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Cours DREAM sur l’option B+. Un « plus » qui signifie plus d’avantages pour les femmes, dans le programme de prévention de la transmission du virus VIH de la mère à l’enfant

La province de Gaza, au Mozambique, a été ces jours-ci protagoniste du premier cours mozambicain pour l’implémentation de l’option B+ de l’OMS dans le cadre de la prévention de la transmission materno-infantile (PMTCT) du virus VIH. Le cours a été organisé par le programme DREAM en collaboration avec le Ministère de la Santé du Mozambique (MISAU).

A la suite de l’accord signé en juillet 2011 entre le programme DREAM et le MISAU, la lutte conjointe se poursuit pour tenter d’atteindre l’objectif de mettre un terme à de nouvelles infections, en particulier de la mère à l’enfant, en œuvrant dans les structures publiques de toutes les provinces du pays.

Après la province de Maputo, avec le centre de santé Matola 2, premier centre intégré DREAM-MISAU, c’est au tour de la province de Gaza. Or un nouvel objectif s’ajoute cette fois-ci : implémenter l’option B+ de l’OMS à l’intérieur des programmes de prévention verticale.

En avril 2012, en effet, l’OMS a publié une mise à jour qui ajoute une troisième option (option B+) aux lignes directrices préexistantes pour la prévention de la transmission du virus pendant la grossesse chez des femmes qui ne remplissent pas les critères pou

r commencer la thérapie à vie. Aux côtés de l’option A (zidovudine pendant la grossesse, NVP à l’accouchement et bithérapie jusqu’à une semaine après l’accouchement, avec administration à l’enfant de NVP pendant toute la durée de l’allaitement) et de l’option B (trithérapie pour les femmes pendant la grossesse et jusqu’à la fin de l’allaitement) est proposée une troisième option : l’option B+ : administration de la trithérapie à vie à toutes les femmes enceintes positives au VIH.

Cette option présenterait de nombreux avantages : simplifier les programmes de PMTCT, en évitant d’effectuer un comptage des CD4 pour distinguer les femmes qui ont besoin d’un traitement à vie de celles qui effectuent le traitement uniquement pour la prévention verticale ; étendre la protection de la thérapie à de futures grossesses ; prévenir la transmission sexuelle chez des couples discordants ; apporter des bénéfices pour la santé des mères en évitant le risque lié à de continuelles interruptions et reprises de la thérapie, en particulier dans des régions qui présentent un taux de fertilité élevé.

Le besoin est par conséquent manifeste d’implémenter cette option dans des contextes tels que ceux de l’Afrique subsaharienne.
Le cours a eu lieu dans le district de Bilene du 11 au 15 février, dans le centre de santé de la ville de Macia. Le district présente une population de plus de 165 000 habitants. Dans la province de Gaza, la prévalence du VIH chez les adultes est de 25,1 %, de 33 % chez les femmes enceintes. (Chiffres 2009, Country Progress Report 2012 de l’UNAIDS).

La cours a vu la participation de 25 personnels de santé du centre de santé de Macia : cliniciens, infirmiers techniciens de laboratoire et de pharmacie. Les intervenants à la formation (médecins, infirmiers, activistes, techniciens informatiques du programme DREAM) ont donné des cours sur le diagnostic et le traitement du VIH/SIDA et des infections opportunistes, sur la complémentation nutritionnelle, sur l’allaitement et sur la fidélité au programme de soin tout au long de la vie. Entre autres points, on a également présenté le programme informatique DREAM pour la gestion du patient VIH-positif.

Une session a été dédiée à la présentation du modèle DREAM et aux résultats sur l’adhésion à la thérapie et sur la fidélité (retention) au programme chez les femmes enceintes suivies dans différents centres du pays.

Les journées de formation ont été accueillies avec grand enthousiasme et ont conduit à un premier résultat immédiat : on a commencé la trithérapie avec toutes les femmes enceintes VIH-positives indépendamment du comptage des CD4, des niveaux de charge virale ou du stade clinique. Les résultats positifs obtenus par le programme DREAM, présent dans le pays depuis 2002 (plus de 11 000 grossesses VIH-positives suivies, avec plus de 10 000 enfants nés sains dans le cadre du programme de prévention verticale), ont encouragé les participants à la formation, montrant qu’il est possible de répéter ce modèle, en administrant la trithérapie à vie à toutes les femmes enceintes VIH-positives

Bref, la formation sera répétée dans un autre centre de santé de la province de Gaza, à Chiqumbane. Il sera donc possible pour des milliers de femmes enceintes séropositives d’avoir accès désormais aux cinq centres de santé qui travaillent suivant le modèle DREAM dans toute la province.
 

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Télémédecine pour l’Afrique. Diagnostic et thérapie d’un clic

Les dernières données de l’Organisation Mondiale de la Santé sur l’incidence des maladies cardiovasculaires en Afrique subsaharienne mettent en évidence une situation par certains aspects inattendue : les pathologies cardiovasculaires se déclarent dix ans plus tôt par rapport à la population européenne et américaine.

On considère qu’en soignant à l’aide de simples programmes de prévention et de traitement les 20 millions de patients souffrant d’hypertension en Afrique subsaharienne, on pourrait éviter 250 000 morts par an. En Tanzanie, la mortalité par ictus cérébral est de dix fois supérieure par rapport à celle observée en Angleterre.


Des études récentes amènent à prendre en considération en premier lieu des facteurs génétiques, mais on fait l’hypothèse qu’il y a aussi une cause à rechercher dans les nouveaux styles de vie de certaines catégories de la population.

Les six centres de télécardiologie, réalisés en collaboration avec l’hôpital San Giovanni de Rome dans un certain nombre de centres DREAM de Tanzanie, du Malawi et du Mozambique, confirment ces données et confortent le choix d’offrir de plus en plus un diagnostic de qualité qui utilise pleinement les systèmes modernes de télémédecine.

C’est justement à partir de ces considérations que, à Iringa, au cœur de la Tanzanie, vient de se conclure le 3e cours de cardiologie et de télémédecine, qui a plus particulièrement abordé la question du traitement de l’hypertension et des maladies cardiovasculaires les plus communes. Différents médecins et infirmiers provenant de l’hôpital d’Iringa et de différents districts sanitaires des zones rurales de la région ont participé à la formation.

Un nouveau logiciel pour standardiser et monitorer les téléconsultations a été installé dans le centre DREAM d’Iringa. Il est actuellement en phase d’expérimentation et de perfectionnement.

L’ambition est de réaliser une communauté virtuelle mais extrêmement réelle de professionnels qui, avec des compétences diverses, pourront offrir une second opinion pour différentes spécialités médicales telles que la cardiologie, l’ophtalmologie, la dermatologie et autres. C’est de cette façon aussi que l’on combat la fracture numérique.

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Blantyre, Malawi – Mise à jour des connaissances pour les activistes du programme DREAM.

Du 28 au 30 septembre a eu lieu à Blantyre un cycle de mise à jour des connaissances pour les quelques soixante-dix activistes et bénévoles impliqués dans les onze centres de soin DREAM opérationnels au Malawi.
La récente adoption de nouvelles recommandations qui élargissent les critères d’inclusion pour le traitement du VIH/SIDA a rendu nécessaire la tenue d’une réunion destinée à faire le point sur la situation actuelle et à réfléchir ensemble sur les nouveaux défis à relever pour combattre la pandémie.

Quand, en 2005, le programme DREAM a fait ses premiers pas au Malawi, l’accès aux soins n’était assurément pas ouvert à tous. Les centres de soin étaient rares, la prévention verticale se pratiquait dans un petit nombre de centre avec de faibles résultats, car elle se limitait à la seule monodose de névirapine et parce qu’il n’existait pas de services de laboratoire, excepté ceux fournis par DREAM.


Aujourd’hui, le scénario qui se présente est différent : il est indéniablement plus facile pour les malades et les femmes enceintes d’accéder à la thérapie antirétrovirale, mais, pour même cette raison, il est devenu nécessaire et urgent de trouver les outils pour faire en sorte que les patients en soins adhèrent au traitement et n’abandonnent pas la thérapie.

Le travail de « counselling peer to peer » et de témoignage des activistes formés par DREAM ont constitué le point fort des résultats extraordinaires d’adhésion obtenus par le programme.

Le défi d’aujourd’hui consiste à diffuser le modèle de soin de DREAM dans le pays, en particulier dans les maternités où il est plus difficile pour les femmes enceintes (qui, jusqu’au moment du test effectué à la maternité, ignorent qu’elles sont positives au VIH) d’accepter d’entreprendre un traitement qui durera toute la vie, par peur de la stigmatisation, par crainte de révéler leur état à leur conjoint et à leurs parents ou plus simplement, car elles n’en comprennent pas la nécessité et l’importance.

Le développement de la collaboration avec le système de santé du pays et la diffusion consécutive de la présence de DREAM dans de nombreuses maternités gérées par le gouvernement rendent nécessaire un nouvel engagement visant à diffuser des informations et une culture sur les problèmes liés au SIDA pour obtenir l’adhésion aux soins.

Au-delà de ces réflexions, menées à plusieurs voix avec la contribution active des participants, il y eut durant la formation deux cours d’approfondissement sur les soins à domicile pour les enfants, l’hygiène périnatale et les bonnes pratiques d’allaitement, de sevrage et de nutrition.
La formation a été animée par des enseignants européens en collaboration avec l’équipe locale de médecins et professionnels de DREAM au Malawi, désormais experts en la matière, après des années de travail et de formation dans ce domaine et grâce aux notions apprises dans les nombreux stages organisés ces dernières années.
Un moment particulier a été consacré aussi à l’explication de l’utilité de la pratique de la circoncision masculine comme prévention de la diffusion du virus VIH et pour la prévention du carcinome du col de l’utérus.
Les nouvelles connaissances apprises permettront aux activistes au Malawi de continuer à mieux exercer leur activité précieuse de liaison entre les centres de santé et les habitants des villages et des zones urbaines en diffusant par capillarité des informations importantes qui aideront à sauver toujours plus d’enfants de la contamination du SIDA et à améliorer l’état de santé des personnes.

 

 

 

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